UVIRA: SOSAME renforce les capacités des acteurs locaux pour une mobilisation et un engagement contre les violences basées sur le genre (VBG).

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Le centre psychiatrique SOSAME a clôturé vendredi 27 mars 2026, l'atelier de trois jours de renforcement de capacités des acteurs locaux sur la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) dans la zone de santé d'Uvira.

L'atelier, qui s'est tenu dans la salle polyvalente de la mairie (Auditorium de femmes) depuis mercredi 25 mars 2026, a réuni des acteurs locaux issus de tous les secteurs (santé, éducation, justice, jeunesse, autorités politico-administratives, société civile, professionnels de médias, points focaux des noyaux communautaires genre, organisations féminines, leaders religieux, etc.). Cette activité rentre dans le cadre de son Programme des soins de santé mentale et soutien psychosocial (SMSPS) aux survivants et de lutte contre les VSBG, mis en uvre par SOSAME de novembre 2025 à avril 2026. 

Cet atelier de renforcement des capacités des acteurs locaux, a outillé les participants sur la prévention des VBG, l’identification et l’orientation pour la prise en charge holistique des survivants dans la zone de santé d'Uvira. 

D’après le Program Manager de SOSAME au Sud-Kivu, le CT. Pacifique Birindwa Zagabe, la ville dUvira, fait face à un contexte traumatisant, volatile et d'impunité totale qui a placé la femme et la jeune fille dans une vulnérabilité récurrente de VBG, exacerbée par l'instabilitité sécuritaire persistante, les conflits armés et les déplacements de la population.

Les femmes et les filles demeurent les principales victimes, exposées à des violences multiformes, notamment: sexuelles, psychologiques, numériques, économiques et conjugales, dans un environnement dimpunité totale et de normes sociales inégalitaires. Les statistiques disponibles révèlent une tendance inquiétante, d’où l’importance est d'agir aujourd'hui par une lutte commune, car demain sera tard.

 Au cours des trois jours, les participants ont bénéficié de formations sur les concepts de base, les causes et facteurs contributifs des VBG, les conséquences sur la santé et la société, les attitudes et perceptions liées aux VBG, les principes directeurs, les compétences en communication, la gestion des cas, la prévention des VBG et les procédures d'orientation. 

Mme Josephine Mungubi et Françoise Bukuru, facilitatrices de l'atelier, ont souligné l'importance de la sensibilisation et de la formation pour les changements des mentalités vis-à-vis VBG. Dans ce même ordre didée, il a été démontré quil est essentiel de comprendre les causes profondes des VBG, notamment les inégalités de genre et les rapports de pouvoir, pour développer des stratégies efficaces de prévention et de réponse car les VBG ont des conséquences dévastatrices sur la santé et la société, il est donc crucial de renforcer les capacités des acteurs locaux pour fournir des services de qualité aux survivants. Il est important de reconnaître et de combattre les préjugés liés aux VBG pour créer un environnement sûr et inclusif pour les survivants. 

Les participants ont été édifié sur les principes directeurs de sécurité, de confidentialité, de respect et de non-discrimination qui doivent être au cur de toutes les interventions de secours et de prise en charge de survivants des VBG.

 "Les compétences en communication, notamment l'écoute active et les premiers secours, sont essentielles pour fournir un soutien efficace aux survivants de VBG" ont-t-elle précisé", ajoutant que la gestion des cas de VBG nécessite une approche holistique et coordonnée, impliquant des acteurs multisectoriels et des services de référence.

Les participants ont également eu l'occasion de partager leurs expériences et leurs défis dans la lutte contre les VBG, et de discuter des stratégies pour améliorer la réponse aux survivants des VBG.

"Pendant ces trois jours, vraiment, nous avons assimilé beaucoup de matières. Auparavant, nous étions moins informés, la plupart des gens étaient induits en erreur en se basant à des us et coutumes. Par rapport au VBG, nous avons appris beaucoup de choses. Dabord, Il ne faut pas marginaliser la femme, la dédaigner, non plus la négliger." A déclaré Monsieur Daniel, Pasteur de léglise Sinaï, de la 8ème CEPAC Kavimvira.

"Il y a beaucoup de paramètres qui ont montré combien de fois on oubliait la femme. Mais aujourd'hui, à travers ces enseignements, nous connaissons déjà comment nous pouvons faire les choses équitablement. Nous savons les droits de la femme et nous savons où mettre la femme aujourd'hui. Et donc, nous avons aussi pris l'engagement de sensibiliser la communauté, en Commençant par nos propres maisons, nous devons changer. Il y a des travaux qu'on laissait toujours aux femmes. Mais aujourd'hui, à travers ces enseignements de SOSAME, nous allons commencer à les aider et aussi à sensibiliser les autres pourquils aident leurs femmes" a-t-il ajouté.

 “Souvent les femmes sont exclues quand il sagit de l’héritage. Dans une famille, une maman de 42 ans, aînée de la famille et son frère cadet de 12 ans, ce dernier a droit à la succession, on fait la pyramide renversée. On met le cadet de 12 ans qui devient le grand ou le responsable de famille, et la maman de 42 ans, elle devient la petite de la famille. Aujourd'hui, à travers ces enseignements de SOSAME, nous avons trouvé qu'il faut améliorer tout ça pour que tout le monde se sente qu'il est vraiment bien traité”. A expliqué Mademoiselle Rosellie Muzaliwa, étudiante à l'université notre dame de Tanganyika (UNDT).

Au cours de cet atelier, les participants ont été également édifié sur les services holistiques offerts par SOSAME aux survivants de VBG (médico-Neuropsychiatrique, psychologique, ergothérapeutique, socio-économique, orientation, sensibilisation et la psychoéducation individuelle). 

Bien que SOSAME n’offre pas l’assistance juridique, il collabore dans la documentation et plaidoyer avec les organisations qui l’offrent, aussi les cours et tribunaux en termes d’information médicale pour la cause des survivants ayant utilisés ses services. 

Au terme de cet atelier, un message fort a été lancé : la lutte contre les VSBG nécessite un engagement collectif, une remise en question des normes sociales et une action coordonnée pour protéger et promouvoir la cause de la femme et de la jeune fille, a martelé, le Directeur Général de SOSAME,  le Révérend Frère  Elie Lowakondjo Lukangaka. 

"Toutes les recommandations formulées durant cet atelier ne resteront pas une lettre morte, ensemble nous espérons un lendemain avec une réduction sensible des VBG" a-t-il conclu. 

Selon SOSAME, sans la santé mentale et le soutien psychosocial, la lutte contre les VBG devient incomplète, car il se joue sur un terrain psychique et fait appel au changement positif des mentalités. SOSAME pose des actes pour guérir l'esprit, afin de libèrer la capacité d'agir.

La disponibilité et participation active des participants, témoignent à suffisance leur agencement collectif derrière la lutte commune contre les VBG à Uvira pour le changement des mentalités et l'intégration de la femme et de la jeune fille dans les cercles de prise de décision de toutes les instances, selon la conviction de SOSAME. 

Signalons que, Ce renforcement de capacité des acteurs locaux intervient dans une période cruciale où les populations victimes des crises humanitaires sont les plus touchées par des traumatismes suite aux conflits et aux violences basées sur le Genre. 

Cet atelier a bouclé les activités inscrites en marge de ce mois de mars dédié pour les droits de la femme.

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